La mise en examen de l’ex-président du Louvre lève le voile sur un commerce illicite d’antiquités devenu “massif”

L’ancien président du Louvre, Jean-Luc Martinez, a été mis en examen fin mai dans une enquête sur un trafic illégal d’antiquités. Une affaire qui illustre comment le pillage d’antiquités est devenu un phénomène massif depuis les Printemps arabes.

C’est un homme qui est dans l’œil du cyclone. Ex-président du Louvre, Jean-Luc Martinez est mis en examen dans le cadre d’une enquête judiciaire sur un important trafic d’antiquités. Si son nom fait les gros titres des médias du monde entier en raison de son ancienne fonction, Jean-Luc Martinez n’est que le personnage secondaire d’un phénomène bien plus vaste : le pillage à grande échelle d’antiquités.

Dans de nombreux pays gangrenés par la corruption ou instables politiquement comme l’Irak, la Syrie ou l’Egypte, des sites archéologiques sont devenus de “véritables supermarchés à ciel ouvert”, selon Vincent Michel, professeur d’archéologie de l’Orient à l’université de Poitiers.

Cet expert dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels décrit une chaîne sophistiquée: depuis les pays sources, via des pays de transit (Asie, pays du Golfe, Israël et Liban) vers des pays de destination (mondes anglo-saxon et européen mais aussi de plus en plus Russie, Japon, Chine ou pays du Golfe) qui abritent les acheteurs et nombre de musées ou projets de musées. “Ce trafic, né des fouilles clandestines et aggravé par la paupérisation, croît depuis les Printemps arabes de 2011. On ne peut plus le minimiser”, souligne le spécialiste, qui intervient régulièrement à l’Unesco.